jeudi 23 août 2018

Du Gothard au Pont du Trift

Le Gothard, passage stratégique et impressionant entre le Nord et le Sud des Alpes. Un défilé étroit qui voir cohabiter l'eau, la route, le train, qui se confondent et s'entrecroisent avec des ponts, des tunnels et des galeries. Ce que l'homme a bâtit ici est impressionant. Un jour de grand soleil, l'endroit est idyllique, mais dès que vient les nuages, la pluie et l'obscurité, un climat lugubre s'installe entre ces falaises de granit à pic, amplifié par le vacarme de la Reuss qui ne se gène pas de dire haut et fort que cette vallée lui appartient depuis toujours !






Sur la route des vacances, chaque année, la même odeur de bouchon flotte sur la vallée, une fois dans un sens, une fois dans l'autre. Passage obligé pour qui veut profiter du soleil du sud, l'autoroute et le col sont pris d'assaut par une horde de voyageurs pressé de profiter du peu de vacances a disposition.

Tandis que sous-terre, le train se fraie également son chemin en passant par des tunnels hélicoïdaux afin de gagner de l'altitude sans avoir recours a une crémaillière et en gardant suffisament de vitesse.

 Construit dans les années 1872 par Louis Favre, et d'une longueur de 15 km. il a été secondé par 
le tunnel de base du Gothard, veritable prouesse technique et grande aventure humaine, mis en service en 2016, et qui s'étire sur 57 km.



Le Col du Susten, qui part de Wassen pour rallier Interlaken est très frequenté par les motards, les vélos et les touristes. Beaucoup de monde a pas toujours bien cohabiter sur une très longue route ou les envies de vitesses des uns ne corresspondent pas aux lenteur contemplatives des autres...














Au col du Susten, il suffit, comme un peu dans tout les endroits touristiques, de s'éloigner de quelques centaines de mètres pour avoir une paix royale et profiter d'un paysage magnifique sur les deux versant de la vallée. Quelque kilomètre avant ma destination, le Pont du Trift, le camping de Gadmen me tend les bras et c'est des gens très sympathique et un camping très agréable qui me fera passer une très bonne nuit "sous les étoiles".


Petit dejeuner en face des "Dolomites" de Gadmen, ou plutot les "Gadmerflüö" que l'on peut atteindre avec le Tällibahn, idée pour une prochaine rando. 

Mais mon but aujourd'hui, c'est le Pont du Trift, qui surplombe le lac et le glacier du même nom. Une petite cabine de huit places, que j'ai eu la bonne idée d'aller voir la veille, et qui m'a permit de reserver ma montée, car sans cela, l'attente d'une hypothétique place un dimanche ensoleillé aurait été longue... La longue montée se fait entre d'impressionantes falaises a pic qui donne sur le lit endormi de la "Triftwasser" pour atteindre la station supérieur qui nous laisse à 1h.30 de marche du Pont du Trift. Très belle montée dans un décors majestueux. 

Petite variante possible, prendre en direction de la Windegghütte pour un casse-croute avant de redescendre sur le pont suspendu. La traversée du Pont a été assez "sport", des rafales de vent a plus de 50km/h. donne l'impression d'être sur un bateau avec une bonne mer.

Tout autant impressionant que le Pont suspendu de Randa que j'avais traversé l'année dernière.










La fonte du glacier du Trift est bien visible ici. Lors de la construction de la passerelle en 2004, le glacier avait les pieds dans l'eau du lac. Maintenant il se situe bien plus haut. 
Un projet de barrage est également à l'étude. 




Après la pause sur le sentier qui mène à la Trifthütte, la longue descente jusqu'a la station inférieur du télépherique commence, agrementée de rencontre avec des moutons qui cherchent la fraicheur sous un immense rocher pendant que d'autres pic-nic dessus, un papillon qui regarde passer les télépheriques, une vache qui compte les mouches sur son museau et une équilibriste qui ne se prend pas la tête sur une slackline au dessus d'un profond ravin.








La montée au col du Grimsel depuis Innertkirchen est assez rapide et le projet de prendre le funiculaire de Gelmer, le plus raide d'Europe, est reporté à un autre jour, histoire d'avoir un pretexte pour revenir quand il y aura moins de monde dans ces endroits tellement vantés qu'ils en deviennent malheureusement surpeuplés. 





Rien de tel qu'une excellente fondue au son de l'accordéon mécanique du Grimselblick avant d'aller contempler les étoiles filantes dans un super ciel étoilé que presque aucune pollution lumineuse ne vient alterer. Et c'est sous la voie lactée que je vais passer une nuit au frais, et au près du lac du Grimsel avant de grimper au Sidelhorn demain matin.




mercredi 15 août 2018

Train à vapeur Furka-Oberalp

Et dire qu'il a faillit disparaitre... sans la tenacité de quelques passionés, soutenu par des milliers d'autres, la ligne ferroviaire du Furka-Oberalp a pu etre sauvée de la démolition et continue a faire entendre l'halètement puissant de sa locomotive à vapeur 
partant à l'assaut de la montée du col de la Furka. 



L'idée a germée à la fin du 19e siècle, puis la 1er guerre mondiale stoppa les travaux, les travailleurs, la plupart étrangers, rentrèrent dans leur pays à l'appel du drapeau et les touristes étaient nettement moins nombreux. Prévu électrique au départ, le train devint vapeur et à crémaillière par la suite. Dans les années 1925, la construction reprit mais la ligne ne pouvait etre exploitée qu'environ 4 mois par année, ce qui decida la construction du tunnel de base entre Oberwald et Réalp et la démolition de la ligne sommitale de la Furka. Tout les détails de cette aventures ICI.

En 1982, un comité de soutien pour la sauvegarde de la ligne sommitale de la Furka fut créer, et après un immense travail d'information, de bénévolat, de recherche de fonds et de travail tout court, le résultat est là: un train a vapeur circule à nouveau sur le troncon Gletsch-Oberwald, avec des locomotives qu'il a fallut aller rechercher au...  Viet-Nam, ou elles avaient été vendues en 1947. En 1993, la HG3/4 no.1 "Furkahorn" est de retour sur les rails qui l'on vu faire se premiers tours de roues pour le plus grand plaisir des amoureux des trains à vapeur.






Départ à 14hrs 20, la pression monte, le plein d'eau est en cours et tout le monde fume d'impatience à l'idée de s'accrocher à la crémaillère pour un voyage inoubliable, accompagné par le souffle inimitable de la locomotive, pour rallier le sommet de la Furka.


Il existe plein d'autres endroits ou des passionnés font revivrent ce merveilleuses locomotives qui ont révolutionnés les transports à une époque pas si lontaine. 
A une époque ou "le bout du monde" n'était pas si loin que ca...

 La dernière que j'ai admiré était du côté de Pontarlier, "le Coni-fer" aux Hôpitaux-Neufs. 

Le "Blonay-Chamby" avec vue sur le Lac Léman, (petit apercu), et son musée. Une serie de vidéo sur les trains, produit par la RTS. La liste des anciens trains en France voisine, et l'histoire des trains à vapeur hélvetique, c'est sur "notre histoire.ch"

Bon voyage à toute vapeur, c'est bientôt l'heure du départ !!












dimanche 5 août 2018

Tour du Lac de Moiry alt.2500m

Nul besoin de prendre des avions qui refusent de décoller ni des autoroutes qui refusent de se débouchonner, les vacances peuvent se prendre à quelques pas de chez moi et j'en suis très heureux.
 Pour échapper à la canicule et avoir l'impression d'être en même temps au bord des eaux turquoises d'un océan lointain, une petite virée au Lac de Moiry s'impose.

 A l'image de ce paddle-men qui a un lac pour lui tout seul et de cette reine d'alpage qui broute sur une prairie avec vue, j'emprunte le sentier qui fait le tour du Lac de Moiry, à une altitude moyenne de 2'500m, ce qui offre un splendide coup d'oeil sur cette étendue turquoise et ensoleillée.

 Destination prisée de nombreuses personnes, qui, heureusement, se contentent de le visiter en voiture ou de faire juste quelques pas au dela du parking, ce qui laisse le sentier quasiment désert, j'aime en faire le tour en automne, quand les couleurs sont au rendez-vous et les marmottes moins craintives. Le lac nous offre alors ses plus belles teintes quand le soleil est de la partie.






Comme me le disent si justement deux charmantes personnes rencontrées sur le chemin, celui-ci devrait être rebaptisé: "Chemin des Edelweiss" tellement cette fleur emblématique des montagnes parsème ce sentier qui mène au Glacier de Moiry.





 Et je retrouve mon "Paddle-men" au beau milieu du lac, semblant passer indifferemment des eaux du lac aux nuages, et reciproquement. Pendant que pas loin les marmottons, nés fin mai, début juin, commencent juste à sortir de leur terrier pour  jouer au soleil d'aout.







La chaleur fait monter les gens en altitude, la terrasse de la cabane de Moiry et pleine et l'hélico vient juste de ramener un stock de bières fraiches !!


 Le retour par l'autre versant, par le lac de la Bayenna et la Fêta d'Août, est magnifique, avec une vue plongeante sur le lac de Moiry. C'est la première fois que j'empunte cette itinéraire et je le regrette vraiment pas, malgré la bonne grimpée pour arriver à la Bayenna.
La suite est un sentier panoramique, avec une rencontre fortuite des traces du loup qui semble se plaire dans la région. Un peu comme moi, mais pas pour les mêmes raisons.


Le trou du Glacier de Moiry s'agrandit d'année en année, et aujourd'hui, j'ai entendu par trois fois les seracs se décrocher et dévaler la pente dans un grondement assourdissant.







Lac du Louché, signe que la Buvette du Barrage, chez Clems et Fabs, sa bière, sa tarte aux abricots et le sourire de Safia, femme exceptionnelle qui est partie de Prudhoe Bay, en Alaska pour rejoindre Ushuaia, en Argentine à vélo, une bagatelle de 30'800 km, n'est plus très loin.