samedi 16 septembre 2017

Un dernier soir, à l'Auberge Alpina...



Il existe à Zinal, tout au fond du Val d’Anniviers, une petite auberge qui respire la douceur de vivre, un voyage dans le temps bienvenu, une escale sur les chemins de la vie.

Un bistro qui n’a pas succombé aux sirènes du modernisme, un "vrai" bistro comme on en voit plus beaucoup, avec ses tables et ses chaises dépareillées, son bar et sa machine à café, nichée dans une grotte de galets de la Navizence, et qui chante encore juste malgré son âge. Un bistro que l'on "entend" respirer à peine la porte franchie. Un bistro qui nous dis "Bonjour!"


Les murs, recouvert de tableaux, jaunit par le temps et d'ou suintent encore les voix et les rires des longues soirées animées.

Un bistro ou l’on attend rien, puisque le temps s’est arrêté.

Une parenthèse, un ilot, une bulle, une enclave, une exception dans ce monde ou ce qui est fait le matin est défait le soir et remplacé le lendemain.

Quand je suis arrivé à Zinal, c’est l’endroit qui m’a plu le premier, et j’ai eu énormément de plaisir à y travailler pour le rénover en gardant cette ambiance de bistro que j’affectionne particulièrement.


L’ombre de Mara, notre Mamma italienne arrivée ici presque en même temps que moi, flotte toujours sur les marmites de la cuisine.
Elle qui nous confectionnait à des heures impossible de bon petits plats pour nous remettre de nos émotions apéritives et nous permettre d’aborder la sieste avec sérénité.
Cette recette de spaghetti, ramenée de Sunset Boulevard, une veille de Noel 1989, et remaniée avec amour par Mara a fait la légende de l’Auberge Alpina et porte depuis son nom.

Et toutes ces soirées à refaire le monde, sans y parvenir mais en ayant l’impression d’avoir fichtrement bien résolu tout les problèmes, me laisse un sentiment de nostalgie que le temps n’effacera pas.


Les circonstances font qu’une page importante de ce livre se tourne et que les belles personnes qui en on écrit l’histoire pendant toutes ces années s’en vont.

Restera dans mes yeux cette petite flamme, allumée par toutes celles et ceux qui ont fait de l’Auberge Alpina ce qu’elle est, qui ne s’éteindra jamais et qui s’appelle 
« Bonheur »

Merci à vous tous et à bientôt, ailleurs, partout, nulle part...