mercredi 14 mars 2018

Un mercredi à Tracuit


Il y a des jours ou rien ne se passe comme prévu, des jours ou le téléphone sonne trop tôt, un matin ou Tania me demande de venir la dépanner, son bus est en panne. 
Le temps de sauter dans mon pantalon et …moi qui avait prévu d’aller fabriquer une cuisine, je vais me retrouver à ranger des provisions et faire des lits à 3’256m d’altitude à la Cabane de Tracuit.



 Comme quoi, des fois, le mauvais train amène au bon endroit. Dans le bus, il y avait toute la literie de la cabane, et après l’avoir démarré, rendez-vous avec l’hélico. Comme il manque des bras pour mettre en route la cabane, j’accepte avec joie la proposition d’Anne-Lise de monter donner un coup de main la-haut, surtout que le temps est magnifique et que l’occasion ne se présente pas tout les jours. 

Tout le monde est au rendez-vous, le boucher, le marchand de gaz, les pellets et le fuel. La nourriture, le pain, les légumes, les boissons, tout ce qui est necessaire pour  ravitailler les randonneurs et alpinistes qui se lancent à la conquête des sommets enneigés.
Tout ce matériel va être chargé dans des filets et rejoindra Tracuit, suspendu sous l’hélico, juste après nous, avec deux gateaux surprise pour le dessert d'aujourd'hui !




  L’arrivée à la cabane par la voie des airs, entourée d’une neige immaculée et des sommets environnants que l’on découvre sous un autre angle est fantastique. Ma dernière visite était un mois de septembre , à pied, avant de poursuivre sur la cabane d'Arpitettaz, et c'est la première fois que je viens en hiver et en hélico. La dépose se fait un peu plus haut que la cabane, à côté du réservoir d’eau. Le temps de rejoindre ce navire amarré a flan de montagne que l’hélico revient déjà avec son chargement. Le travail est rapide, le pilotage précis et les filets déposés juste devant la porte. Plus qu’a ranger tout ça dans l’économat, les frigos et les chambres. 
Une équipe de Swisscom est déjà à pied d’oeuvre pour l’installation de la connexion internet, le progrès s’installant de plus en plus haut avec ses avantages et inconvénients…




 J’ai vraiment l’impression d’être monté à bord d’un grand voilier, prêt à appareiller pour une croisière immobile sur un océan de blancheur, avec ses levers de soleil timide, ses tempêtes soudaines, ses errements dans des brouillards opaques, ses instants de plénitudes et de calmes plats dans l’attente de ses couchers de soleil flamboyants qui nous laissent sans voix devant ce spectacle grandiose de la nature. 
Les cales avec les réserves de nourriture, de matériel et d'outillage. La cuisine à côté du carré de la capitaine Anne-Lise, le réfectoire ou l'équipage se retrouve pour les repas et le dortoir que l'on rejoint par une coursive avec des banettes étroites, les une à côté des autres, sur deux étages, pour gagner de la place. Et par les petites fenetres, hublots rectangulaires, la vue sur un océan de montagnes.
Une petite vidéo pour vous faire une idée de l'endroit...








Midi, l’assiette de spaghetti se savoure avec des voisins prestigieux comme le Zinalrothorn,l'Obergabelhorn, le Besso, la Dent Blanche et le Grand Cornier. 
Ou le bleu et le blanc sont les couleurs principales de cette fresque montagnarde.
Café, dessert, il est temps de continuer la mise en place, l’hélico du retour est annoncé avec un peu d’avance, et c’est avec regrets que je quitte le navire, l’impression de débarquer trop tôt d’une de ces croisières qui laisse des souvenirs impérissables.















La descente sera rapide, départ presque à la vertical, les oreilles qui bourdonnent, le désert de neige et de glace qui défile à toute allure sous les patins de la machine, le passage du Roc de la Vache et la vallée qui s’ouvre d’un coup à la vue, 
Zinal grossit à vue d’oeil et l’hélico vient se poser à côté de la Tzoucdana, juste à côté d'un autre hélico affrété au tournage d'un film. 
La porte s’ouvre, les passagers descendent, s’accroupissent quelques instants, le temps à l’hélico de reprendre de la hauteur, nous saluant au passage du souffle puissant de son rotor en guise d’au-revoir.



J’adore ce genre de journée ou rien ne se passe comme prévu… 








jeudi 8 mars 2018

De Vevey à St Saphorin

Les quais de Vevey sont bien calme et les chevaux de bois du manège s'ennuient. Le ciel ne semble pas avoir envie de s'ouvrir et les mouettes se font discrètes. Même les cygnes semblent être aux abonnés absents. Le calme avant la Fête des Vignerons qui se deroulera ici en juillet 2019 et qui cherche encore son chanteur pour interpreter le fameux "Ranz des Vaches"








Furtive apparition des Rochers de Naye avant de prendre la direction des vignobles de St Saphorin à la rencontre d'un des plus beau paysage des bords du Lac Léman.




Montée dans les vignes avec l'apparition du soleil, qui va me suivre durant tout l'après-midi que va durer ma flânerie dans ce petit paradis sur terre, en fredonnant les chansons de Gill et Urfer, fervant amoureux de St Saphorin... 

"Le bonheur, dans le grand silence
De la nuit, c'est sur le chemin
Le bruit clair de ton pas qui danse
Ta main que je tiens dans ma main"





"Le ciel est bleu, le vent du large
Creuse la mer bien joliment
Vers le port montant à la charge
Galope les escadrons blanc
C'est un port tout au bord du monde
Dont les rues s'ouvrent sur l'infini
Mais de la comme la terre est ronde
On ne voit pas les Etats Unis"







Dernier coup d'oeil sur la Dent de Jaman et les Rochers de Naye, souvenir d'une magnifique randonnée, un mois de novembre d'été indien,  avant de retourner dans d'autres montagnes, du côté du Val d'Anniviers.