dimanche 21 janvier 2018

Il neige à Zinal

A force d'entendre les plaintes monter des stations de ski vers un ciel désespérément vide ces dernières année, le marchand de neige s'est décidé à frapper un grand coup pour retrouver la confiance de tout ces mordus de paradis blanc et de descentes enivrantes sur des tapis moelleux de fraiche poudreuse. 



 Après s'être retenu pendant toutes ces années, il semble avoir perdu le sens de la mesure, et pour se rattraper, déverse depuis quelques jours ses flocons par milliards afin de se faire pardonner. 

Le village, qui n'en demandait pas tant,  disparait peu à peu sous le flot de cette générosité qui semble ne plus vouloir s'arrêter.

Les façades de mélèzes, noircies par le soleil, blanchissent soudainement sous les rafales de neige emmenées par un vent tempétueux.

La neige s'amoncelle dans les moindres recoins et forme d'insondables congères qui vont rester encore longtemps.

Et le silence ouaté augmente à la même cadence que tombe les flocons, troublé seulement par le crissement des pas de quelques promeneurs ravis de cette étonnant spectacle.




 Une éclaircie se dessine avec l'arrivée de l'hélicoptère, qui va orchestrer la symphonie explosive propice au déclenchement des avalanches afin de sécuriser la zone.
Et le spectacle va être à la hauteur de cette longue attente. 

Sous le souffle de quelques kilos d'explosif, la vague neigeuse commence à glisser lentement, majestueusement, semblant tournoyer sur elle-même, cherchant son chemin parmi les rochers, prends soudainement de la vitesse et de l'ampleur pour venir se fracasser dans le fond des Plats de la Lée avant qu'un nuage de poudreuse ne remonte le flan opposé de la vallée et fasse disparaitre le Besso à nos yeux éblouis !


 Après l'avalanche, le spectacle continue avec la féerie nocturne à travers les ruelles du Vieux Zinal.



 Un grand merci à l'Entreprise Car Postal qui assure les liaisons par -presque- n'importe quel temps et aux hommes du déneigement qui travaillent sans relâche afin que la vie puisse être plus facile dans ces périodes enneigées.




 Les Dents de la Mer...à Zinal ?!





 Et ce dimanche midi, la nouvelle est tombée, la route va être fermée et le village va hiberner quelques jours, le temps que la situation se stabilise. 
L'ambiance va être à la conversation, à la fête ou à la méditation selon le caractère de chacun, mais ne laissera personne indiffèrent, l'expérience étant toujours assez étonnante de devoir dépendre du temps pendant quelques jours pour organiser ses journées.

Dernier coup d'oeil depuis l' l'Hôtel Europe ou j'ai trouvé refuge, sur le village qui va plonger dans le silence et la nuit avec la surprise d'un lendemain encore plus blanc...




jeudi 18 janvier 2018

Phare d'Eckmühl et Le Guilvinec

Dernier volet de ce périple côtier Breton, en vue du Phare d'Eckmühl qui dresse fièrement ses 65 m au dessus de Penmarc'h. 
307 marches vous attendent si vous voulez profiter de la magnifique vue à son sommet. 

Et si vous faite moins de 0'46''54 pour arriver en haut, inscrivez-vous à la "Montée du Phare d'Eckmuhl", autrement gardez votre souffle pour pas vous le faire couper par le panorama que vous allez découvrir. Vous aurez également le temps d'admirer la perfection de la pose des plaques d'opaline qui sont toujours alignées pile-poil aux marches en granit de l'escalier. 
 Les carreleurs apprécieront la précision du travail, 60m plus haut ! 
Malheureusement le phare était fermé lors de mon passage et j'ai pas pu chronométrer ma montée... Cette image de l'intérieur du phare, prise lors de mon dernier passage ici, illustre bien la beauté des lieux.


Le plus fragile et le plus résistant se côtoie, jamais loin l'un de l'autre, et malgré les marées et les courants, les petits coquillages restent fidèlement au pied du majestueux phare de granit.

Arrivée devant le phare du Guilvinec avec un petit pincement au coeur, car c'est le dernier port maritime avant de retraverser la France et regagner mes montagnes helvétiques. Le soleil est de la partie et la douceur de cette après-midi contraste avec la furie des jours précédents. Un aller-retour sur le quai pour admirer tout ces bateaux sagement amarrés, mais prêt à aller affronter les vagues de l'Atlantique me ravit toujours autant. 
Je suis vraiment admiratif des gens de la mer, droit dans leurs bottes à force de devoir garder l'équilibre sur des océans souvent agitées et qui sortent quasiment par n'importe quel temps pour ramener à quai le fruit de leur passion et de leur travail, le poisson ! 
Droit dans leurs bottes, car avec la mer, on ne triche pas.
 Il n'y a pas de concessions et les erreurs se paient souvent cash !
La marée, le vent et les vagues sont immuables et la réussite de cette entreprise dépend de la communion entre l'homme, la femme -car beaucoup de femmes exercent ce métier- et la mer. 
Comme à la montagne, la puissance des éléments inspire le respect, et du respect découle la sagesse.
Et peut être que le trop plein de techniques modernes, soit disant garante de sécurité absolue, nous fait oublier ce respect et cette sagesse...




Histoire d'Amour ?


Ascenseur à bateaux, la marée !






Dernière lueurs du jour sur le phare d'Eckmühl et magnifique coucher de soleil en guise d'au-revoir, comme j'ai bénéficié d'un magique lever de lune lors de mon arrivée a St Nazaire
Quand on attends rien d'autre que ce qui vient chaque jour, 
La déception n'a pas cours.



Kenavo, Finistère 

mardi 16 janvier 2018

Audierne, direction Pointe de la Torche

Retour à la civilisation, après deux jours passé sur les côtes de la Pointe du Van et du Raz, à nager jusqu'à épuisement dans ce bol d'air marin venu du large. Une petite virée à Audierne, histoire de retrouver le gout de la compagnie, des huitres et d'un bon lit n'est pas pour me déplaire, et de ce côté la, ce petit port, point de départ pour la fantastique et incroyable Ile de Sein, me convient très bien.


 Pour conjurer le mauvais sort, et afin de favoriser les prises, les chiffres et les lettres d'immatriculation des bateaux sont prolongées d'un crochet... au cas ou !





 Après deux nuits à agitées par les vents dans le bus, une nuit au calme au..."Vent d'Ailleurs", une belle adresse de chambre d'hôtes dans une grande bâtisse, à la rue du 14 juillet, accueil super sympa de la part de Nadine et petit déjeuner de qualité, adresse qui m'avait été donnée par le patron d'une autre non moins fameuse adresse du port d'Audierne, "La Cambuse", recommandé comme chasse-spleen pour la tchatch du tôlier, son ambiance musicale et verbale et son décors maritime comme je les aimes...c'est ce qu'on cherche à la mer quand on vient de la montagne, non ??!!

Et entre ces deux adresses, une pause bienvenue au Bar à Huitres de Philippe, juste à point nommé pour déguster les huitres de l'Ile de Sein et les spéciales d'Isigny sur Mer, ce qui m'a rappelé non sans envie, les fameuses huitres de St Vaast la Hougue...le tout accompagné d'un excellent vin blanc, de quoi me donner l'envie de rester dans le coin...

La Pointe de la Torche, ou, bien campé sur ses jambes à son extrémité...

"On voyait les chevaux de la mer, 
Qui fonçaient la tête la première, 
Et qui fracassaient leurs crinières, 
Devant le casino désert 
La barmaid avait dix huit ans
Et moi qui suit vieux comme l'hiver
Au lieu d'me noyer dans un verre
J'me suis baladé dans l'printemps
De ses yeux taillés en amande..."

...comme le chantait si bien Léo Ferré. 

Et cette plage infinissable, ou un poète disparu, emporté par la tempête "Carmen" a laissé sur le sable sa jolie Harpe Magique, ornée de magnifiques Anatifs, instrument indispensable pour pouvoir rencontrer les Sirènes qui apparaissent à ceux qui savent regarder avec leurs coeurs...








 Un autre espèce d'animal essaye de prendre la vague sous le regard amusé des cormorans qui profitent du soleil pour faire sécher leurs plumages.


 Chacun semble perdu dans ses pensées face à l'inlassable déferlement des vague de l'Atlantique...