mardi 6 février 2018

Changement de décor

Après ces épisodes blancs et neigeux, un petit tour du côté d'une étendue liquide et bleu entourée de couleurs un peu plus variées que le noir et blanc s'impose, voir un peu les cygnes s'agiter pour ne pas se faire piquer leurs copines, signe annonciateur du printemps et de la sève qui va commencer à bouillonner...



Et pour ça, il suffit d'aller à Villeneuve et son Ile de Peilz pour que le dépaysement commence. Les volatiles marins attendent le pêcheur ou la visite des promeneurs chargés de pain sec. 

C'était, et ça l'est encore pour de nombreux enfants, la sortie du dimanche ou l'on allait nourrir les canards et les cygnes. Admiratif devant l'audace des mouettes qui étaient les plus rapides pour attraper au vol le pain que l'on jetait en l'air, accompagné par les cris de celles qui n'avaient pas réussit à s'emparer du diner. Et moi admiratif de mon père qui arrivait à saisir au vol, la mouette et son morceau de pain avec un truc magique, son appareil photo !


 Puis c'est le tour des cygnes et des canards, et chacun son tour, du plus grand au plus petit, venait participer au festin. 
On repérait toujours ceux qui n'arrivaient jamais à attraper quelque chose et pendant que les grands se goinfraient, on leur refilait des morceaux en douce, histoire de rétablir un peu de justice. 

La ballade m'emmène devant le prestigieux Château de Chillon, et par chance, un des fleuron de la CGN, l'Italie, vient juste d'accoster pour le plaisir des yeux. La silhouette de ces magnifique bateaux, que j'ai connu à vapeur, avec leurs roues à aubes, et qui faisaient de "la limonade" à chaque appareillage, me ramène bien des années en arrière, en ce jour d'anniversaire.

Quand on pouvait rentrer de Lausanne à Genève avec le bateau à vapeur, c'était comme si on allait à New-York aujourd'hui...la Grande Aventure !!
Et de voir les immenses vilebrequins s'activer pour faire avancer ce navire était fascinant. 
Sans savoir que quelques années plus tard, je participerais en partie, avec mon ami Nano, à la rénovation des moteurs du "Genève", autre bateau de la CGN, voué à la démolition et racheté à l'époque par la Fondation "Carrefour" pour favoriser la réintégration sociale des plus démunis. 
Et moi qui avait plutôt l'habitude de démonter des cylindres et pistons de motos ou de voitures, la je pouvais "rentrer dans les cylindres" du moteur !! Une autre dimension !





Montreux et la statue de Freddy Mercury, bizarrement vierge de fleurs et de messages d'amour...peut être suite aux derniers coup de vent sur le Léman ?!

Magnifique sculpture d'un banc de poissons partant à l'assaut du ciel que presque rien ne distingue de l'eau aujourd'hui, et prêt , soit à retomber dans les filets du pêcheur qui navigue pas loin des côtes, ou à les éviter...



Dans la quiétude de ces moments, j'ai toujours peine à imaginer que l'homme puisse être un va t'en guerre impénitent...




Et pour revenir au point de départ, rien de tel que de faire une mini croisière. Après avoir longé le Lac et admiré ses eaux limpides, retour par la voie maritime afin d'en admirer ses berges.


A Villeneuve, les cygnes n'ont pas l'air d'avoir fini de s'expliquer au sujet de la publication des bancs. Demain se sera une ballade au dessus de St Saphorin, dans les vignes en sommeil, avec un paysage magnifique, accompagné musicalement des chansons de Jean-Villard Gilles, auteur, chanteur et compositeur vaudois qui a écrit la chanson que j'adore, "A l'Enseigne de la Fille sans Coeur", interprétée magistralement par Edit Piaf et que je chante souvent quand je suis sur une ile bretonne, "Dans un port tout au bord du monde, dont les rues s'ouvrent sur l'infini, mais de là comme la terre est ronde, on n'voit pas les Etats-Unis" 
Alors, je pousse la porte du bar de Rita la Blonde et je vois flamber sa toison d'or...







mardi 23 janvier 2018

Il fait beau à Zinal

Déjà hier soir, les étoiles ont commencé à réapparaitres les une après les autres, laissant présager une nuit froide mais des jours meilleurs et les lève-tôt n'ont pas été déçu! L'Heure Bleue, moment préféré des photographes, mais très éphémère, était bien là ce matin.

Les ruelles encore désertes du vieux village craquent sous mes pas, la glace ayant remplacé la neige fondue de la veille qui avait transformé bien des endroits en froide piscine. 

A chaque arrêt, on peut "écouter le silence" comme disait Ella Maillart et c'est vraiment reposant, la vie actuelle nous enrobant d'un bruit de fond permanent ou que l'on puisse aller.

Quelques bonhommes de neige sont apparus sous les mains des enfants en ballade. Les petits veaux se frottent le museau dans cette poudre bizarre qui a l'air de bien les amuser, pendant que leurs mères se font soulager de quelques litres de lait par Walti avant qu'il ne soit transformé 
en délicieux fromages sous les mains expertes d'Hélène. 

La vie continue au village, la barrière qui ferme provisoirement la route ne ferme ni les esprits, ni les coeurs, ni la vie. D'ailleurs on peut rester plusieurs jours sans quitter le village alors que la voie est libre... 
Les seules barrières qui existent sont celles que l'on se met !







 Le moment approche, l'hélicoptère est venu larguer ses bombes afin de sécuriser la vallée et les chasses-neige nettoient la route, je vais bientôt pouvoir rentrer chez moi après deux jours de vacances  au centre du village. 

 La Dent Blanche fume, entourée de la Pointe de Zinal et du Grand Cornier. Le soleil caresse gentiment les flans blanchi par tout ces jours de neige. 
De magnifiques nuages dansent autour du Besso pour saluer le retour d'un ciel bleu et un petit arc en ciel amène sa touche délicate au tableau. 
Hier on vivait en noir et blanc, aujourd'hui nous sommes passé en mode "couleur"


Les Diablons, maquillés pendant plusieurs jours par les vents tempétueux, exhibent fièrement leur éphémère blancheur tandis que le Besso attend gentiment son tour pour profiter d'un rayon de soleil.




 Midi, l'heure attendue par certain, pressé de regagner leurs occupations et redoutée par d'autres, signifiant que la bulle hors du temps vient d'éclater, que la parenthèse dans le train-train quotidien vient de se refermer et que la vie normale va reprendre. 

 Kim donne les derniers coups de pelle à la terrasse du Besso, afin d'être prêt pour accueillir les clients du week-end, qui ne manqueront pas de lui demander avec envie: 
"Alors, c'était comment ces deux jours loin de tout, petit veinard ? " 
Les plus chanceux sont ceux qui vont skier ces deux prochain jours, avec des pistes gorgées de neige et de soleil...



 La pluie qui est tombée en alternance nous a laissé un spectacle fantastique autant qu'éphémère, accentué par le soleil rasant. Un paysage ou l'on peut tout imaginer. 
Pour ma part, j'ai l'impression de revoir la mer en colère des côtes bretonnes, secouée par les dernières tempêtes, que je viens de quitter. Un joli début d'année... des vagues comme des montagnes à la Pointe du Raz et des montagnes comme des vagues à Zinal.



dimanche 21 janvier 2018

Il neige à Zinal

A force d'entendre les plaintes monter des stations de ski vers un ciel désespérément vide ces dernières année, le marchand de neige s'est décidé à frapper un grand coup pour retrouver la confiance de tout ces mordus de paradis blanc et de descentes enivrantes sur des tapis moelleux de fraiche poudreuse. 



 Après s'être retenu pendant toutes ces années, il semble avoir perdu le sens de la mesure, et pour se rattraper, déverse depuis quelques jours ses flocons par milliards afin de se faire pardonner. 

Le village, qui n'en demandait pas tant,  disparait peu à peu sous le flot de cette générosité qui semble ne plus vouloir s'arrêter.

Les façades de mélèzes, noircies par le soleil, blanchissent soudainement sous les rafales de neige emmenées par un vent tempétueux.

La neige s'amoncelle dans les moindres recoins et forme d'insondables congères qui vont rester encore longtemps.

Et le silence ouaté augmente à la même cadence que tombe les flocons, troublé seulement par le crissement des pas de quelques promeneurs ravis de cette étonnant spectacle.




 Une éclaircie se dessine avec l'arrivée de l'hélicoptère, qui va orchestrer la symphonie explosive propice au déclenchement des avalanches afin de sécuriser la zone.
Et le spectacle va être à la hauteur de cette longue attente. 

Sous le souffle de quelques kilos d'explosif, la vague neigeuse commence à glisser lentement, majestueusement, semblant tournoyer sur elle-même, cherchant son chemin parmi les rochers, prends soudainement de la vitesse et de l'ampleur pour venir se fracasser dans le fond des Plats de la Lée avant qu'un nuage de poudreuse ne remonte le flan opposé de la vallée et fasse disparaitre le Besso à nos yeux éblouis !


 Après l'avalanche, le spectacle continue avec la féerie nocturne à travers les ruelles du Vieux Zinal.



 Un grand merci à l'Entreprise Car Postal qui assure les liaisons par -presque- n'importe quel temps et aux hommes du déneigement qui travaillent sans relâche afin que la vie puisse être plus facile dans ces périodes enneigées.




 Les Dents de la Mer...à Zinal ?!





 Et ce dimanche midi, la nouvelle est tombée, la route va être fermée et le village va hiberner quelques jours, le temps que la situation se stabilise. 
L'ambiance va être à la conversation, à la fête ou à la méditation selon le caractère de chacun, mais ne laissera personne indiffèrent, l'expérience étant toujours assez étonnante de devoir dépendre du temps pendant quelques jours pour organiser ses journées.

Dernier coup d'oeil depuis l' l'Hôtel Europe ou j'ai trouvé refuge, sur le village qui va plonger dans le silence et la nuit avec la surprise d'un lendemain encore plus blanc...